Wawacity : l’ancêtre dinosaure du piratage qui refuse encore de mourir

wawacity
WAWACITY - streaming illégal

Wawacity existe depuis 2005. Vous avez bien lu. Deux mille cinq. C’est l’équivalent numérique d’un cockroach : même quand tu penses l’avoir écrasé, il revient avec une nouvelle adresse et continue sa vie comme si de rien n’était. Depuis plus de 20 ans, ce site survit en changeant de domaine plus souvent qu’un politicien change de promesses électorales.

Pour vous donner une idée : Wawacity a connu plus de rebaptisages que Kardashian a eu de divorces. Et encore, je suis gentil. En février 2026, son adresse actuelle c’est wawacity.irish. Avant, c’était wawacity.com, wawacity.be, wawacity.zone. Demain ? Probablement wawacity.kitchen ou wawacity.dentist (non, j’invente pas, les domaines exotiques existent vraiment).

En tant que junior en cybersécurité, je vois Wawacity comme ce vieux meuble pourri dans la cave que ta grand-mère refuse de jeter. Ça prend de la place, ça accumule les poussières, mais « au moins c’est gratuit ». Cet article vous explique pourquoi ce meuble pourri vous coûtera 300€ en amendes et possiblement un malware gratuit en bonus.

Tableau récapitulatif : le dinosaure numérique

AspectRéalitéNiveau de risque
🎬 Âge du site21 ans (depuis 2005, comme Britney Spears sort son premier album)🔴 Vieux et dangereux
📍 Nombre de rebaptisagesAu moins 50+ variantes sur deux décennies🔴 Instabilité chronique
🌐 Adresse actuellewawacity.irish (ou une autre demain)🔴 Peu fiable
📥 Fonction principaleAnnuaire de liens de téléchargement direct🔴 Critique
💻 ContenuFilms, séries, jeux, ROMs, logiciels piratés🔴 Tout illégal
🦠 SécuritéMalwares, scareware, publicités malveillantes🔴 Catastrophique
AlternativesJustWatch, Gupy, services légaux payants🟢 Très sûr

Wawacity : le meuble que personne ne jette jamais

21 ans de « je vais fermer bientôt, promis »

Wawacity c’est l’annaire de liens de téléchargement direct. Pas de streaming direct, c’est pas son truc. On parle vraiment de télécharger des fichiers entiers. Filme complets, séries entières, logiciels, jeux, ROMs Switch. Tout ce qui existe et qui est protégé par droits d’auteur, Wawacity a un lien pour ça.

Pourquoi elle survit depuis 2005 ? Parce qu’elle a développé une stratégie ridicule mais efficace : elle change de domaine avant de se faire couper le cou. Bloqué ? Pas de souci, voici wawacity.zone. Bloqué ? Hop, wawacity.energy. Bloqué ? Allez, essayez wawacity.irish.

C’est littéralement du tag de mur numérique. Les autorités peignent un message « tu ne peux pas être ici », et Wawacity peint « oh si je peux » deux rues plus loin.

À LIRE : Sadisflix.city : quand le streaming gratuit vous sourit… avant de vous exploser la gueule

Le calendrier ridicule des blocages

Vous savez ce qui est le plus hilarant ? Wawacity se fait souvent bloquer le vendredi soir. Juste avant le weekend. Juste quand tu veux regarder un film. C’est comme si l’ARCOM avait une montre, regardait l’heure, et disait « allez, fermons le site maintenant, pile quand personne ne peut faire grand chose ».

Résultat ? Les utilisateurs sont sur Telegram à 21h le vendredi en disant « ooooh c’est bloqué, quelqu’un a la nouvelle adresse ? » Et Wawacity sort la nouvelle adresse comme un magicien tire un lapin de son chapeau. « Surpriiiiise, wawacity.party est live ! »

C’est épuisant. C’est comme une relation toxique : tu sais que ça va mal finir, mais tu y retournes parce que c’est facile et gratuit.

L’histoire d’Olivier : quand télécharger « juste un film » devient un procès

Olivier, 41 ans, chef de projet à Toulouse, utilisait Wawacity depuis… oh, peut-être 2008. « C’est mon site historique », blaguait-il. « J’ai vu passer Hadopi, ARCOM, vingt rebaptisages du site, et je suis toujours là. »

Sauf que l’ARCOM aussi était toujours là.

Un jour, Olivier reçoit une lettre officielle. Pas une mise en demeure simple cette fois. Une action en justice directe. « 600€ minimum », lui dit un cabinet juridique. Pas parce qu’il avait téléchargé 600 films. Juste parce que l’algorithme d’une organisation anti-piratage l’avait attrapé 6 fois en 2 ans, et à 100€ l’infraction, bing bam boom, 600€.

« Mais moi j’ai juste téléchargé quelques trucs ! », protestait Olivier.

Ouais, « quelques trucs » pendant 18 ans. Les maths ne sont pas de son côté.

« J’ai jamais pensé que ça se cumulerait comme ça », dit-il aujourd’hui, amèrement. « On te dit ‘une mise en demeure c’est rien’, donc tu continues. Puis deux. Puis l’ARCOM se dit ‘ok ça suffit’ et fait une action directe. Et là… boom. Procès. »

Aujourd’hui, Olivier a Netflix, Prime Video, et Spotify. « J’aurais pu payer tout ça pendant 18 ans avec ce que j’ai dépensé en procédure juridique. »

Les maths.

Les risques juridiques : oui, ça s’additionne réellement

Le système français n’aime vraiment pas les téléchargeurs

En France, télécharger sur Wawacity n’est pas « un peu illégal ». C’est clairement illégal. Article L.335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Pas de zone grise. Noir sur blanc. Littéralement.

La loi, c’est par ici : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032655082

Et voici le truc qu’Olivier a découvert à ses dépens : ça s’accumule.

  • Première mise en demeure : vous pensiez c’était rien
  • Deuxième mise en demeure : vous commencez à flipper
  • Troisième mise en demeure : l’ARCOM décide que c’est la limite
  • Action en justice directe : c’est là que ça devient cher

Les amendes ? De 100€ à 3 000€ par infraction. Les amendes pénales ? Jusqu’à 300 000€. L’emprisonnement ? Jusqu’à 3 ans en cas d’aggravation.

Et l’enregistrement au fichier de contrebande ? Ça te suit partout. Crédit ? Refusé. Assurance ? Plus cher. Emploi ? Certains employeurs demandent.

Wawacity vous promet « gratuit ». Ce qu’elle donne réellement, c’est « 300€ minimum » en amendes, plus les frais juridiques, plus les nuits sans dormir à vérifier votre courrier.

À LIRE : Sflix : pourquoi ce site de streaming gratuit vous coûte beaucoup plus cher que Netflix

Tableau : Wawacity à travers les âges

AnnéeDomaine populaireStatus en FranceRaison de changement
2005-2010wawacity.comLégal à l’époqueCroissance massive
2010-2015wawacity.comBlocages commencentActions anti-piratage
2015-2018Multiples .com/.frBloqués régulièrementPression HADOPI
2018-2022Migrations fréquentesInstabilité chroniqueBataille ARCOM
2022-2026Extensions exotiquesBloqués chaque moisStratégie VPN obligatoire

Les vrais dangers technologiques

Télécharger sur Wawacity, c’est comme faire un pari avec le diable

Oubliez la légalité deux secondes. Parlons du vrai danger : les malwares.

Wawacity c’est un annuaire de liens. N’importe qui peut ajouter un lien. N’importe qui. Donc tu cliques sur « La Reine des Neiges en 1080p », et au lieu de ça, tu télécharges un trojan bancaire.

Les hébergeurs directs (Uptobox, Uploaded, etc.) ne sont pas plus fiables. Ils s’en foutent de ce qu’il y a dans les fichiers. Un malware au côté du film ? Pas leur problème.

Et puis il y a les faux sites Wawacity. Wawacity-officiel.com. Wawacityy.fr (avec deux Y). Des clones qui prétendent être « la vraie adresse » et qui installent du malware avant même que tu aies cliqué sur un lien.

Voici ce qui peut vous tomber dessus :

  • Malwares classiques : trojans, ransomware, vers
  • Keyloggers : enregistrement de tous vos mots de passe
  • Infostealers : vol de données bancaires
  • Scareware : fausses alertes « votre PC est infecté, cliquez ici »
  • Cryptomineurs : votre PC devient une mine de Bitcoin
  • Faux antivirus : pires que le malware lui-même

Et le pire ? Vous ne le saurez pas tout de suite. Les malwares modernes sont patients. Ils vous observent. Ils attendent le bon moment pour vous exploiter.

À LIRE : Ovlim : le site de streaming bloqué qui persiste sous de nouvelles identités

Ce qu’il faut faire si vous aviez accès à Wawacity

wawacity
WAWACITY – streaming illégal

Le plan de sauvetage pragmatique

Si vous avez téléchargé sur Wawacity (ou si vous y êtes actuellement en train de lire ça) :

  • Arrêtez maintenant. Chaque téléchargement de plus c’est 100€ de plus en amende.
  • Scanner votre ordi. Malwarebytes gratuit, Bitdefender gratuit, lancez-les tous les deux.
  • Changez vos mots de passe. Gmail, banque, réseaux sociaux. Tout.
  • Vérifiez vos comptes bancaires. Cherchez des transactions bizarres. Soyez paranoïaque.
  • Contactez votre banque. Signalez un accès suspect juste au cas où.
  • Contactez votre FAI. Dites « j’ai accédé à un site illégal, j’arrête ». Ça peut aider légalement.
  • Installez un antivirus de qualité. Pas le gratuit de base. Un vrai.
  • Activez la double authentification. Partout où c’est possible.
  • Basculez vers du légal immédiatement. Netflix, Prime Video, JustWatch. Aujourd’hui.

Conclusion : pourquoi Wawacity survit malgré 21 ans de blocages

Wawacity c’est pas une plateforme de streaming. C’est une pratique de la part de la loi française à se battre contre un truc qui revient toujours.

21 ans. Depuis 2005. Pendant ce temps, Netflix a été créé, a dominé le marché, et continue de croître. Wawacity ? Elle change de domaine et continue de proposer les mêmes fichiers.

C’est presque poétique. Dystopique. Mais poétique.

Le vrai problème ? Wawacity ne disparaîtra jamais tant qu’il y a une demande. Et il y aura une demande tant que les gens crient « mais c’est gratuit ! »

Sauf que gratuit coûte 300€ en amendes, possiblement un malware, et au moins une nuit sans dormir à vérifier votre courrier.

Ce qui est fou, c’est qu’en 2026, les alternatives légales existent enfin et sont (quasi) gratuites. JustWatch, Pluto TV, Rakuten TV – tout ça existe et fonctionne.

Wawacity survit pas parce qu’elle est meilleure. Elle survit parce qu’elle est facile et que les gens ont pas encore compris que facile = cher à long terme.

Olivier a compris. Peut-être que vous aussi.

Restez en sécurité les camarades.

Auteur/autrice