Frais d’huissier pour loyer impayé : ce que le propriétaire doit vraiment anticiper
Un loyer impayé crée une tension immédiate pour tout propriétaire bailleur. Après les relances amiables restées sans réponse, le recours à un commissaire de justice (anciennement appelé huissier de justice) devient souvent inévitable. Mais cette démarche a un coût, et beaucoup de propriétaires ignorent précisément ce qu’ils vont devoir avancer, qui en est légalement responsable et comment récupérer ces sommes. Voici une lecture claire et complète de la question des frais d’huissier pour loyer impayé.
L’essentiel à retenir
| Point clé | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| 🏛️ Nouveau nom | L’huissier de justice est désormais appelé commissaire de justice depuis la fusion des professions |
| 💶 Coût du commandement de payer | Entre 120 et 250 € environ, selon les frais de déplacement et les débours |
| ⚖️ Qui paie légalement | Le locataire est légalement responsable des frais, car il est à l’origine de la situation |
| 🔄 Qui avance les fonds | Le propriétaire doit avancer les frais et les récupère ensuite auprès du locataire |
| ⏳ Délai après commandement | Le locataire dispose de 2 mois pour régler sa dette avant toute assignation judiciaire |
| 📋 Tarifs réglementés | Les émoluments sont fixés par arrêté ministériel, les abus sont vérifiables gratuitement |
| 🛡️ Assurance GLI | La garantie loyers impayés peut couvrir les frais d’huissier si le locataire refuse de payer |
| 📨 Information obligatoire | La situation doit être signalée à la Ccapex (Commission de coordination des expulsions) |
Frais d’huissier pour loyer impayé : comprendre la procédure étape par étape
Avant d’aborder le détail des montants, il est indispensable de comprendre à quel moment le commissaire de justice entre en jeu et pourquoi cette intervention est incontournable dans une procédure de recouvrement de loyers impayés.
La première étape est toujours amiable. Le propriétaire envoie une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, laissant généralement un délai de quelques jours à quelques semaines au locataire pour régulariser sa situation. Si cette démarche n’aboutit pas, l’intervention d’un commissaire de justice devient nécessaire.
Le commandement de payer est l’acte juridique central de cette procédure. C’est un acte officiel délivré par le commissaire de justice au locataire, lui signifiant la totalité de sa dette locative et lui accordant un délai de deux mois pour régler. Cet acte doit obligatoirement mentionner les sommes réclamées, le montant mensuel du loyer et des charges, le taux d’intérêt applicable, et un avertissement précisant que la non-régularisation dans le délai imparti peut entraîner la résiliation du bail et l’expulsion. Il doit également viser expressément la clause résolutoire du contrat de bail, sans quoi il n’est pas valable pour enclencher la suite de la procédure.
Si le locataire a un garant (caution), celui-ci doit impérativement être informé par le commissaire de justice dans les quinze jours suivant la délivrance du commandement de payer.
| Étape | Acteur | Délai |
|---|---|---|
| Relances amiables (courriers, SMS) | Propriétaire ou agence | Libre |
| Mise en demeure par lettre recommandée | Propriétaire ou agence | Libre |
| Commandement de payer | Commissaire de justice | Déclenche un délai de 2 mois |
| Signalement à la Ccapex | Commissaire de justice | Obligatoire dès le commandement |
| Assignation au tribunal | Avocat ou propriétaire | Après 2 mois sans régularisation |
| Jugement et expulsion | Tribunal puis commissaire de justice | Variable selon le tribunal |
Frais d’huissier pour loyer impayé : qui paie et combien ?
C’est la question centrale pour tout propriétaire qui s’engage dans cette procédure. La réponse est double : il y a la règle légale, et il y a la réalité pratique.
Légalement, les frais d’huissier pour loyer impayé sont à la charge du locataire. Le Code des procédures civiles d’exécution prévoit que les frais liés à un acte de recouvrement obligatoire sont supportés par le débiteur. Puisque le commandement de payer est une étape légalement imposée pour pouvoir engager une procédure d’expulsion, c’est le locataire qui doit en assumer le coût. Ces frais sont donc ajoutés à sa dette locative.
En pratique, le propriétaire doit toujours avancer les frais. Le commissaire de justice n’a aucun lien contractuel avec le locataire et ne peut pas le facturer directement. C’est le propriétaire qui mandate l’acte et qui règle les honoraires. Il cherche ensuite à récupérer ces sommes auprès du locataire, soit via le remboursement volontaire dans le délai de deux mois, soit par une condamnation judiciaire si la procédure se poursuit.
Le montant des frais d’huissier pour loyer impayé au stade du commandement de payer se situe généralement entre 120 et 250 euros, selon les frais de déplacement. Ce montant se compose de plusieurs postes.
Les émoluments d’acte correspondent à la rémunération de base réglementée du commissaire de justice pour la rédaction et la signification du commandement. Ces tarifs sont fixés par arrêté ministériel et identiques dans toute la France. Contrairement à une idée répandue, le montant de la créance n’influence pas le tarif de l’émolument pour cet acte spécifique : réclamer 500 euros ou 15 000 euros de loyers impayés entraîne le même émolument.
Les frais de signification (remise de l’acte au locataire) varient selon le mode de remise : signification en mains propres, avis de passage avec dépôt à l’étude, signification par voie électronique. Dans environ 60 % des cas, le locataire est absent lors du passage et l’acte est laissé avec un avis de passage.
Les débours couvrent les frais kilométriques du déplacement de l’étude au domicile du locataire. Ils sont calculés en fonction de la distance aller-retour et contribuent à la variation du coût final selon la localisation du bien.
Pour une mise en contexte sur la gestion locative quotidienne qui peut prévenir ces situations, notre article sur la quittance de loyer vous donnera les bonnes pratiques pour un suivi rigoureux de vos paiements.
| Poste de dépense | Nature | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| Émoluments d’acte | Réglementés, fixes | 50 à 80 € HT |
| Droit proportionnel de recouvrement | Réglementé | Variable selon créance |
| Frais de signification | Réglementés | 25 à 45 € TTC |
| Débours (déplacement) | Réglementés au km | 10 à 50 € selon distance |
| TVA | 20 % sur les émoluments | Calculée sur le total |
| Total estimatif | 120 à 250 € environ |
Que se passe-t-il si le locataire ne paie pas dans le délai de deux mois ?
L’absence de régularisation dans les deux mois suivant la réception du commandement de payer ouvre la voie à la phase judiciaire. C’est là que les frais d’huissier pour loyer impayé augmentent sensiblement.
L’assignation au tribunal est l’étape suivante. Elle consiste à citer le locataire à comparaître devant le tribunal judiciaire (tribunal de proximité pour les litiges locatifs). Les frais d’assignation, également à la charge du locataire en théorie, s’ajoutent à la créance. Le montant de cette assignation est supérieur à celui du commandement de payer.
Si le juge prononce la résiliation du bail et ordonne l’expulsion, une nouvelle intervention du commissaire de justice sera nécessaire pour délivrer un commandement de quitter les lieux, puis, si le locataire s’obstine à rester, organiser l’expulsion elle-même avec le concours de la force publique. Les frais d’expulsion sont partagés pour moitié entre le propriétaire et le locataire selon la réglementation applicable aux litiges locatifs.
- Si le locataire bénéficie de l’APL, le propriétaire doit signaler la situation à la CAF pour que les allocations soient versées directement au bailleur
- La Ccapex doit être informée dès la délivrance du commandement de payer : c’est une obligation légale que le commissaire de justice gère directement
- En cas de litige sur le montant des frais, il est possible de les faire vérifier gratuitement auprès du secrétariat du tribunal compétent

Comment limiter son exposition financière ?
La garantie loyers impayés (GLI), aussi appelée assurance loyers impayés, est la solution la plus efficace pour protéger un propriétaire contre les coûts liés à une procédure de recouvrement. Lorsqu’un propriétaire a souscrit à cette assurance, c’est généralement l’assureur qui mandate le commissaire de justice et en supporte les frais, au moins partiellement selon les conditions contractuelles. La GLI couvre également les arriérés de loyer, les frais de contentieux et parfois les dégradations locatives.
Pour les propriétaires qui n’ont pas souscrit à une GLI, une caution solidaire (garant physique ou organisme type Visale) peut également être sollicitée pour régler les impayés et couvrir une partie des frais de procédure, à condition que la mise en demeure lui ait été adressée dans les formes légales.
| Situation du propriétaire | Qui supporte les frais d’huissier | Recours possibles |
|---|---|---|
| Sans assurance, accord amiable trouvé | Le propriétaire (non récupérable) | Aucun si accord sans procédure |
| Sans assurance, procédure judiciaire | Le propriétaire avance, récupère si condamnation | Jugement judiciaire |
| Avec GLI | L’assureur en général | Contrat d’assurance GLI |
| Avec garant (caution) | Le propriétaire avance, récupère du garant | Mise en demeure du garant |
Une gestion préventive des paiements reste la meilleure façon d’éviter d’en arriver à une procédure. Comprendre les modalités de paiement du loyer dès la signature du bail peut limiter les malentendus à l’origine des impayés : notre article sur le paiement à échoir ou à terme échu vous éclaire sur ces notions souvent sources de confusion entre bailleur et locataire.
Les frais d’huissier pour loyer impayé représentent un coût réel que le propriétaire doit anticiper dès les premiers signes de défaillance. Agir rapidement, constituer un dossier solide et connaître ses droits sont les trois leviers qui permettent de traverser cette épreuve en limitant au maximum les pertes financières et le délai de résolution.