Installer un store banne en copropriété : les règles à connaître avant de commander
Un balcon exposé plein sud, une terrasse sans ombre en été : l’envie d’installer un store banne est souvent bien légitime. Mais en copropriété, ce type d’équipement touche à la façade, considérée comme une partie commune. Résultat : ce qui ressemble à un simple aménagement personnel implique des démarches précises, des votes en assemblée générale et parfois une déclaration en mairie. Voici tout ce qu’il faut anticiper avant de passer commande.
L’essentiel à retenir
| Point clé | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| 🏢 Statut de la façade | La façade est une partie commune même si le balcon est à usage privatif : toute modification nécessite l’accord de la copropriété |
| 🗳️ Vote requis | Majorité de l’article 25b de la loi sur la copropriété : majorité absolue des voix de tous les copropriétaires |
| 📋 Déclaration préalable | Souvent obligatoire en mairie, car l’installation modifie l’aspect extérieur du bâtiment |
| 🎨 Critères esthétiques | La copropriété peut imposer un coloris, un modèle ou un type de coffre spécifique |
| 🔄 Remplacement à l’identique | Aucune démarche si le nouveau store est de même dimension, même couleur et même type |
| ⚠️ Sanctions | Amende de 1 200 € minimum en cas d’installation sans autorisation |
| 🏛️ Zone protégée | Validation supplémentaire de l’Architecte des Bâtiments de France en secteur patrimonial |
| 🛠️ Entretien | À la charge exclusive du copropriétaire bénéficiaire |
Installer un store banne en copropriété : pourquoi l’accord de l’assemblée générale est obligatoire ?
Un store banne n’est pas un simple objet de décoration intérieure. Dès lors qu’il est posé sur une façade, il modifie l’aspect extérieur du bâtiment, et la façade appartient à la catégorie des parties communes. Cette réalité juridique change tout : même si le store est destiné à un usage strictement personnel sur votre balcon ou votre terrasse, son installation relève d’une décision collective.
C’est l’article 25b de la loi sur la copropriété qui s’applique. Il prévoit la possibilité pour l’assemblée générale d’autoriser certains copropriétaires à réaliser, à leurs frais, des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. Cette autorisation doit être obtenue à la majorité absolue des voix de tous les copropriétaires, qu’ils soient présents, représentés ou absents lors du vote. Si au moins un tiers des voix est obtenu sans atteindre la majorité absolue, une seconde délibération peut être organisée à la majorité simple.
Cette règle s’applique dès lors que le store banne n’a jamais existé à cet emplacement, ou que le remplacement implique une modification des dimensions, de la couleur ou du type de store. En revanche, si vous remplacez votre store existant par un modèle strictement identique, en termes de dimensions, de coloris et de conception (coffre intégral, semi-coffre, etc.), aucune autorisation n’est nécessaire auprès de la copropriété.
| Situation | Autorisation copropriété | Déclaration mairie |
|---|---|---|
| Premier store banne jamais installé | Obligatoire (AG, majorité art. 25b) | Généralement obligatoire |
| Remplacement à l’identique | Non requise | Non requise |
| Remplacement avec changement de dimension ou de couleur | Obligatoire (AG) | Généralement obligatoire |
| Remplacement avec changement de type de store | Obligatoire (AG) | Généralement obligatoire |
Installer un store banne en copropriété : la déclaration préalable de travaux en mairie
L’accord de la copropriété n’est pas la seule formalité à accomplir. Dans la grande majorité des cas, l’installation d’un store banne en façade implique également une déclaration préalable de travaux auprès du service urbanisme de votre mairie, car l’installation modifie l’aspect extérieur d’une construction existante (article R.421-17 du Code de l’urbanisme).
Il est important d’obtenir l’accord de la copropriété avant de déposer la déclaration en mairie. L’ordre des étapes compte : le vote en assemblée générale vient en premier, puis la demande administrative en mairie.
Le formulaire à utiliser est le Cerfa n°13404 pour les travaux en copropriété (ou le Cerfa n°13703 en maison individuelle). Le dossier doit comprendre un plan de situation, des photos de la façade existante, une description du projet avec les dimensions et les coloris, et si possible un photomontage du store sur la façade. Le délai d’instruction est d’environ un mois. En l’absence de réponse dans ce délai, l’autorisation est réputée accordée tacitement.
- En zone protégée, à proximité d’un monument historique ou dans un secteur sauvegardé, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France est obligatoire en complément de la déclaration en mairie
- Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) peut imposer des contraintes spécifiques sur les coloris ou les matériaux autorisés en façade : vérifiez-le avant de choisir votre modèle
- Si votre commune dispose d’une Charte locale de la publicité ou d’un règlement de façades, ces documents s’ajoutent aux contraintes à respecter

Ce que la copropriété peut vous imposer
Accepter votre demande ne signifie pas que la copropriété vous laisse choisir librement le store. Le règlement de copropriété ou la résolution d’assemblée générale peuvent fixer des critères esthétiques précis que vous devrez respecter pour que votre installation soit conforme.
Ces critères peuvent concerner la teinte de la toile (par référence à un code colorimétrique RAL ou à une gamme de tissus définie), le type de coffre (intégral uniquement, par exemple), la présence ou l’absence d’un lambrequin décoratif, l’alignement horizontal des axes de pose avec les stores déjà existants, ou encore la hauteur de montage par rapport aux garde-corps et aux fenêtres.
Ces exigences ont pour objectif de préserver l’harmonie visuelle de la façade. Dans les immeubles où plusieurs copropriétaires souhaitent installer un store, les syndicats de copropriété adoptent souvent une charte ou une résolution-cadre qui uniformise les caractéristiques techniques et esthétiques de tous les équipements. Il est conseillé de se renseigner auprès du syndic avant même de contacter des fournisseurs, pour ne pas vous retrouver à devoir recommander un modèle différent de celui que vous aviez sélectionné.
Pour préparer votre demande dans les meilleures conditions, pensez également à préciser les caractéristiques de résistance au vent du store. La norme NF EN 13561 classe les stores bannes selon leur résistance aux vents. Pour un bâtiment en hauteur ou exposé, une classe 2 ou 3 est généralement recommandée, et l’installation d’un capteur de vent permettant le repli automatique du store par grands vents peut être exigée par la copropriété comme condition d’autorisation.
| Critère imposable par la copropriété | Exemple concret |
|---|---|
| Coloris de la toile | Teinte beige sable uniquement, référence tissu Dickson 6171 |
| Type de coffre | Coffre intégral obligatoire, stores sans coffre refusés |
| Présence d’un lambrequin | Autorisé ou interdit selon le règlement |
| Alignement des poses | Axe horizontal à hauteur identique pour tous les appartements du même niveau |
| Résistance au vent | Classe NF EN 13561 minimale exigée, capteur vent obligatoire |
| Entretien | Responsabilité exclusive du copropriétaire, retrait à première demande si non-conforme |
Les risques en cas d’installation sans autorisation
Passer outre les démarches peut sembler tentant, notamment si votre voisinage a procédé ainsi sans que cela se remarque. Mais les risques sont réels et méritent d’être connus. L’installation sans autorisation constitue une infraction au Code de l’urbanisme passible d’une amende minimale de 1 200 euros, pouvant aller jusqu’à 300 000 euros selon la gravité de l’infraction. En cas de récidive, une peine d’emprisonnement peut s’ajouter.
Sur le plan de la copropriété, le syndic peut vous enjoindre de retirer le store à vos frais. En cas de refus, l’affaire peut être portée devant le tribunal judiciaire. Votre responsabilité civile peut également être engagée si le store, mal installé ou non adapté aux conditions climatiques du bâtiment, provoque un dégât des eaux, un accident ou des dommages aux parties communes.
Il faut aussi noter que la prescription pénale n’intervient qu’après six à dix ans selon les situations. Pendant tout ce délai, une mise en conformité peut vous être imposée.
Si vous envisagez d’autres aménagements extérieurs sans autorisation dans votre logement ou votre jardin, notre article sur quelle surface d’abri de jardin est autorisée sans déclaration vous donnera les repères réglementaires utiles pour rester dans le cadre légal.
Préparer votre dossier pour convaincre l’assemblée générale
Pour maximiser vos chances d’obtenir un vote favorable, la qualité du dossier présenté au syndic est déterminante. Plus votre projet est précis et documenté, plus il sera simple pour les autres copropriétaires de visualiser l’impact de l’installation et de voter en confiance.
Un bon dossier comprend une note descriptive claire indiquant la localisation exacte de la pose, les dimensions du store (largeur et avancée), les ancrages prévus en façade, le modèle choisi avec sa fiche technique, le coloris de la toile avec un échantillon si possible, et la classe de résistance au vent du produit. Ajoutez-y un photomontage du store sur une photo de la façade actuelle.
- Contactez le syndic plusieurs mois avant l’assemblée générale pour faire inscrire votre demande à l’ordre du jour dans les délais
- Proposez dans votre note que vous preniez en charge l’intégralité des coûts d’installation, d’entretien et de retrait éventuel
- Précisez que vous vous engagez à respecter les caractéristiques esthétiques définies par la copropriété ou son règlement intérieur
Pour compléter votre aménagement extérieur, notre article sur ce que vous pouvez mettre dans de grands pots de terrasse vous donnera des idées pour profiter encore plus de votre espace ombragé une fois le store installé.
Installer un store banne en copropriété demande de la méthode et un peu de patience, mais les démarches sont tout à fait accessibles lorsqu’on les anticipe. Un dossier bien préparé, présenté au bon moment, aboutit très souvent à un vote favorable. C’est un investissement de confort réel, et le respect des procédures garantit une installation sereine, sans risque de litige ni de contrainte de démontage.